19.10.14

Couffin et pochette feutrés au crochet : une nouvelle fiche

D'abord, pardon pour mon absence. Mais entre une rentrée professionnelle plus qu'intense et une opération de la cataracte en cours (un seul œil opéré pour le moment, le suivant dans quelques semaines, donc ma vue est très déséquilibrée), j'ai un peu de mal à publier ici. Mais dans quelques temps, j'aurai des yeux neufs, et cela sera beaucoup plus facile. Je publierai notamment la fin du reportage "Blue day" chez Renaissance Dyeing.

En attendant, Annette, qui ne chôme pas, a mis en ligne une de mes nouvelles fiches, et il faut bien que je vous en dise deux mots.

Vous le savez, je suis une folle de sacs. J'ai aussi beaucoup d'attirance pour le feutrage, qui permet de réaliser avec un simple fil (et certes un peu de travail) des objets en trois dimensions avec une certaine tenue. Ces deux goûts vont ma foi assez bien ensemble, et il était évident que je vous proposerais un jour ou l'autre des sacs feutrés. En voici donc une première paire, un couffin et sa pochette assortie.

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Je les ai travaillés avec une pure laine italienne offerte par ma belle famille, dans une couleur pour ainsi dire dédiée à la réalisation de paniers à l'allure naturelle. Une fois terminés, ils sont passés à la machine à laver, dans l'eau chaude, afin de les feutrer, pour leur donner une tenue suffisante pour se dispenser de les doubler.

Le grand panier, de style couffin Nord-Africain, est travaillé en fil double avec un gros crochet. Il possède un double fond pour être bien costaud, des anses confortables, et ne vous griffera ni les collants, ni les jambes.

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Sa pochette assortie, à laquelle on peut clipser ou crocheter une bandoulière pour avoir les mains libres, contiendra facilement l'argent des courses, vos clefs, une paire de lunettes de soleil... bref, le petit bazar indispensable quand on sort.
Le corps de la pochette est crocheté à plat, assemblé au crochet, et un petit tutoriel en photo vous explique comment remonter vos mailles pour crocheter le rabat directement : pas de couture donc pour ces ouvrages, comme dans presque toutes mes fiches (chacune ses phobies, n'est-ce pas ?)

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Vous serez ainsi équipée pour aller au marché, ou pourquoi pas, à la plage, selon la saison et vos envies.

Si vous ne voulez pas vous lancer dans le feutrage, vous pourrez facilement les adapter dans un fil sec avec une bonne tenue, type lin, coton ou bambou. Il sera cependant certainement nécessaire de les doubler pour éviter les déformations.

Outre la traduction des fiches qu'elle vous présente en français, en anglais et en suédois, Annette a fait un échantillon avec la laine à feutrer qu'elle propose dans sa boutique, et que vous pouvez substituer à mon fil italien.
D'ailleurs, la construction somme toute très simple de ces deux sacs vous permet de les adapter à presque n'importe quel fil.

J'espère que ces accessoires vous amuseront, et vous donneront envie de tester le feutrage ! Montrez-nous vite vos réalisations !

Retrouver le modèle dans Ravelry :

11.9.14

Blue day - Episode #2 : rendre la cuve basique et retirer l'oxygène

Pour démarrer ce second épisode d'un feuilleton qui apparemment passionne ;-)  précisons que je ne donnerai pas de recette reproductible avec des quantités mesurées : Andie, comme toutes les teinturières, est un peu "magicienne", et de son propre aveu, monte ses cuves "au pif". Exactement comme vous qui ne pesez pas la poignée de sel que vous mettez dans votre pot-au-feu.
Ensuite, Andie vit dangereusement, dans la manière dont elle prépare son hydrosulfite par exemple (il faudrait mettre l'eau d'abord et non la poudre, porter des gants et des lunettes de protection... ahem), et il n'est pas forcément recommandé aux teinturières néophytes de faire la même chose qu'elle.
Enfin, sachant pertinemment que je ne referai jamais ce type de teinture chez moi (en appartement, on oublie), je n'ai absolument pas cherché à noter la quantité d'ingrédients. Et puis, il faut laisser aux teinturières un peu de leurs secrets, c'est dans la tradition, et de leur mystère, c'est leur charme :-)

Si vous cherchez de la documentation plus complète, vous en trouverez sur internet, par exemple chez Tricofolk, Micky, ou encore dans des livres ou des DVD spécialisés, Dominique Cardon et Michel Garcia étant visiblement des experts reconnus. Vous pouvez aussi interroger votre moteur de recherche favori, en français ou en anglais.

Sur le plan de la chimie, et juste pour comprendre tant soit peu les phénomènes à l’œuvre, il faut savoir que le pastel et l'indigo ne sont pas solubles dans l'eau, et que, pour pouvoir les transférer sur le textile, on va les "réduire" pour "monter la cuve" (oui je sais, les termes ont l'air contradictoires, mais c'est comme ça !!).
Dit plus clairement, il faut d'abord rendre le milieu basique (pH 11 environ), ce que l'on peut faire à la chaux ou à l'hydrosulfite de sodium si j'ai bien tout compris, puis supprimer l'oxygène de l'eau, ce qu'Andie a fait au fructose, qui n'est pas le seul moyen, mais sans doute un des plus écologiques. On peut aussi le faire avec des fruits mûrs, mais comme l'été à été, comment dire, un peu absent au bataillon cette année, les poires du verger qu'elle avait envisagé d'utiliser n'étaient pas assez sucrées pour cet usage.

Voici donc en photos comment nous avons monté les cuves... à ne pas forcément refaire chez vous si vous n'avez pas déjà une grande pratique.

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Le mélange qui tue... (vu comme ça bouillonnait dans le verre mesureur quand Andie a commencé à diluer son Hydrosulfite, on s'est demandées si le récipient n'allait pas "fondre").

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... dans la cuve de pastel.

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Après ajout du fructose, il faut remuer énergiquement (on s'est relayées, parce que mine de rien, c'est physique).

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On obtient une mousse bleue : la fleurée, dont la couleur évoque bien ce que l'on peut obtenir sur le textile.

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Et on couvre pour laisser reposer. De mémoire, on touille 4 fois, espacées de 20 mn.

Pendant que le pastel pose, on répète le même processus pour monter la cuve d'indigo...

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Essorage des feuilles...

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Le jus est couleur confiture de cerise, mais il laisse des traces bleues sur le seau, là où la couleur s'est déjà oxydée.

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Hydrosulfite...

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... fructose (seul moment où on a vu la balance apparaître)...

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... touillage énergique...

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Le bleu de la fleurée est plus intense et plus violet aussi.

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Comme vous voyez, Andie n'a peur de rien. En réalité, sur la peau, la couleur part très bien, même au simple savon (c'est vrai aussi si un fil teint à la teinture végétale dégorge sur vos doigts pendant que vous le travaillez), mais c'est un poil plus problématique sous les ongles... comme quand on dénoyaute des fruits pour faire les confitures.

La cuve d'indigo est elle aussi recouverte de son plateau.

Chacune prépare ce qu'elle va mettre dans la teinture, qui va d'abord prendre un bain d'eau claire. Le but est double : d'abord et surtout retirer l'air des textiles (si on remet de l'oxygène dans la cuve, elle est fichue), mais aussi pour permettre à la couleur de se diffuser de manière régulière.

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Mon sac qui sentait le mouton part au fond de la bassine d'eau : comme il est déjà crocheté, le risque qu'il reste des bulles d'air dedans est plus important, donc il va tremper plus longtemps, et il ira dans la teinture en dernier, car il risque de neutraliser la cuve.

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On attache soigneusement les écheveaux de Nathalie avant qu'ils plongent aux aussi dans l'eau : pour éviter l'emmêlage, on prévoit 4 liens de fixation "en huit" (on sépare les brins en deux, et on croise le fil d'attache entre les deux séries de brins) par écheveau... sans trop les serrer, sans quoi on obtient un effet "tye & dye" pas forcément souhaité.

La suite au prochain épisode...





9.9.14

Blue day - Episode #1 : de la cueillette à la macération

Le 30 août dernier, Andie, de Renaissance Dyeing, nous a invitées à une journée de teinture au pastel et à l'indigo. J'étais depuis longtemps curieuse de voir se produire sous mes yeux cette magie presque alchimique de la teinture bleue.

Ce fut une journée passionnante, entre passionnées, qui a passé à la vitesse de l'éclair. Heureusement, Dino était là pour fixer en photos cet excellent moment.

Nous avons commencé par la cueillette des plantes, dans le jardin d'Andie.

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Indigo japonais

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Pastel

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L'indigo passe directement à la découpe, au grand couteau. Il faut couper aussi fin que possible sans pour autant réduire les feuilles en bouillie.

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Les teinturières en herbe, supervisées par Andie.

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La bassine d'indigo

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L'indigo est recouvert d'eau froide dans deux seaux métalliques, et mis à chauffer.

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Quand l'eau monte en température, le bleu commence à se deviner.

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Pause café.

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Découpe des feuilles de pastel, qui ont préalablement été lavées pour être entièrement débarrassées de toute trace de terre.

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Lui est recouvert d'eau presque bouillante...

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... où on va le laisser macérer pendant une quarantaine de minutes, ce qui nous laissera le temps de déjeuner.

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Les feuilles sont ensuite filtrées et essorées.

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On a obtenu un jus grisâtre, légèrement bleuté, qui va subir encore pas mal de transformations avant de pouvoir servir de teinture.

A suivre...

8.9.14

Mon sac qui sentait le mouton - Episode #3

Je vous avais promis une suite à l'histoire de mon sac au crochet, et la voici !

Après le crochetage, le lavage, et le feutrage, il est allé faire un tour dans la teinture. Et pas n'importe laquelle : l'indigo d'Andie, de Renaissance Dyeing, qui a invité quelques privilégiées à un "Blue day" samedi dernier, dont je vous parlerai plus en détail prochainement : quand on prend 400 photos dans une journée comme l'a fait Dino à cette occasion, il faut du temps pour les développer, les trier et enfin les mettre en ligne.

Il a plongé 3 fois dans la cuve, car, vous le verrez, la nature a fait un peu de résistance, et il a fallu lui forcer la main pour obtenir ce beau bleu profond, qui fait déjà "vintage" à peine sec.

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La couleur est irrégulière. La teinte du fil brut l'était déjà... et je n'ai peut-être pas assez frotté mon sac dans l'eau claire à la sortie des bains de teinture. Mais il me plaît comme ça : le "c'est moi qui l'ai fait" n'en est que plus crédible :-)

Il n'a pas vraiment feutré plus (mais je ne l'ai toujours pas mesuré, c'est décidément un sac très improvisé), par contre la fibre a repris de la tenue, mais est aussi redevenue plus rêche, comme dans les écheveaux d'origine. Je ne sais pas si je vais le repasser en machine pour tenter de lui redonner de la douceur, et éventuellement le feutrer un peu plus...

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Il a déjà son anse, et il restera enfin à le doubler, avec une toile rayée bleue, dont j'avais fait une housse de canapé, mais dont le soleil a brûlé la couleur par endroit, et qui est désormais destinée à fabriquer des sacs. La couleur des rayures est assortie au sac, et je choisirai sans doute un endroit du tissu où l'on peut lire la morsure du soleil, ce sera tout à fait cohérent avec les irrégularités de la couleur extérieure.

Pour voir ces dernières étapes, il vous faudra une infinie patience : sortir la machine à coudre est une réelle aventure dans mon petit bureau encombré de laines et de livres, et les semaines qui viennent sont tellement chargées sur le plan professionnel que je risque même d'être muette sur ce blog pendant quelques temps.

Mais il y a de bonnes chances pour que je le termine : j'aime bien sa forme et sa couleur, la combinaison bandoulière / poignées qui permet de le porter à l'épaule ou à la main, et la taille, format "petit fourre tout", qui m'obligera à faire un peu de tri dans ce que je trimballe dans mon "24 heures"... mais mon dos m'en sera sûrement reconnaissant !

7.9.14

J'ai tricoté mon 5ème "Pointue"

Je parlais de "chouchous" dans le billet précédent, et on peut dire que Pointue en est un : c'est bien la première fois que je tricote 5 fois l'un de mes propres modèles. Mais je ne m'en lasse pas, c'était vraiment une inspiration heureuse, qui crée une shawlette harmonieuse, polyvalente, féminine, tout en étant facile et rapide à tricoter.

Certainement la raison pour laquelle j'en ai offert deux, à ma Maman et à ma sœur, tandis qu'Annette en a deux autres pour ses expositions. Mais du coup, je n'en avais plus pour moi.

Alors je m'en suis fait un rouge, dans le mérinos fin "rouge profond" d'Annette. Et je me suis aperçue, hem, que je ne conservais pas toujours exactement la même tension : avec les 100 g de fil préconisé, je n'avais plus de quoi faire mon i-cord de finition. Alors je l'ai tricotée avec un reste de Mini-Mochi "red zone"... et j'adore ! Mais j'en profite pour attirer votre attention si vous ne l'avez pas encore tricoté : prévoyez 10% de fil supplémentaire si vous ne voulez pas tomber en panne... ou fouillez vos stocks pour trouver une fin de pelote assortie ou contrastante pour réaliser l'i-cord de la bordure supérieure.


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Il est photographié ici dans le donjon du château de Puivert, le fameux château cathare dans lequel on trouve le salon des musiciens, où tout un orchestre médiéval est sculpté sur les culots des arcs formant le plafond. Un lieu chargé d'histoire et rempli de charme, où nous aimons revenir régulièrement...



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Je le porte ici comme je le mets le plus souvent en hiver : enroulé pour bien protéger le cou, en formant une collerette très féminine, et qui ma foi en ces lieux évoque tout à fait les troubadours :-)

Si vous voulez interpréter le vôtre, vous pouvez trouver la fiche explicative chez Annette Petavy Design.

Quant à moi, je suis sûre que je porterai beaucoup le mien cet hiver.Et qui sait, j'en ferai peut être un 6ème un de ces jours !

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